Les essais thérapeutiques terminés

Au cours des 30 dernières années, la recherche sur la SLA a connu plus d’évolution que pendant les 120 années précédentes. Depuis l’arrivée du Riluzole, on compte plus de 170 protocoles d’essais en cours ou terminés ; certains prometteurs, d’autres moins. Comme ceux présentés ici.

Résultats de l’étude Benefit-ALS, le froid et le chaud

Cet essai du tirasemtiv – mené par la société Cytokinetics – a duré 3 mois par patient. Plusieurs centaines de malades ont été inclus dans le monde.

Les résultats sont en double teinte :

  • le critère principal de l’étude, ralentissement du handicap du patient, n’est pas rempli. Cette négativité n’est pas surprenante car en 3 mois seulement il est réellement difficile de montrer un effet sur cette échelle. Il faut également souligner que le médicament a été assez mal toléré par les patients.
  • deux critères secondaires sont en revanche positifs : le déclin de la fonction respiratoire essentiellement et, à un moindre degré, celui de la fonction musculaire.

Ces derniers résultats sont encourageants, laissant penser que le tirasemtiv pourrait influer sur le paramètre respiratoire de la SLA, paramètre important dans l’aggravation de la maladie. C’est pourquoi la société Cytokinetics a annoncé récemment qu’elle avait mis au point un nouveau protocole centré sur la respiration.

Une nouvelle étude devrait donc prochainement être menée avec ce médicament dans la SLA.
Aucune date de début n’a à ce jour été donnée, la participation de notre pays est probable mais nous n’avons pas encore de certitude sur ce point. Nous aurons certainement plus d’information lors du Symposium international de décembre prochain.

 

Information sur l’étude phase II de l’Ozanezumab dans la SLA

Tous les essais dans la SLA depuis le Riluzole sont négatifs et hélas celui-ci ne déroge pas à la règle, à la grande déception de tous ; soignants et patients qui étaient nombreux à en attendre les résultats.

L’étude de phase II, randomisée contre placebo (1:1), conduite par les Laboratoires GlaxoSmithKline, a porté sur 303 sujets (152 placébo) en utilisant l’Ozanezumab à la dose de 15 mg/kg par voie intra-veineuse délivré tous les 15 jours pendant 46 semaines.

L’Ozanezumab est un anticorps monoclonal dirigé contre la protéine Nogo-A dont la surexpression avait été démontrée dans la SLA. L’utilisation dans une étude sur le modèle SLA de souris SOD s’est avérée positive (Bros-Facer V, Human Molecular Genetics 2014) et sa tolérance humaine a été démontrée (Meininger V, PlosOne, 2014). Les résultats de l’étude ont été jugés sur l’analyse comparative de l’évolution de l’échelle fonctionnelle ALSFRS-R et sur la survie.

Des analyses secondaires portaient sur la mesure des fonctions respiratoires et de la force musculaire. Les analyses des scores dans les 2 populations – traitée et non traitée – n’ont pas montré de différences statistiquement significatives pour l’ensemble des mesures réalisées. Les analyses pharmacocinétiques ont objectivé la prise du traitement comme prévue. La tolérance a été la même dans les 2 groupes, même si dans la population traitée le nombre de déclarations d’effets indésirables était un peu plus élevé.

En conclusion, l’Ozanezumab utilisé dans les conditions de l’étude ne peut être considéré comme un traitement dans la SLA. Bien que très bien toléré, le produit n’a pas permis de montrer une différence avec le placebo, ayant même une légère tendance à aggraver les choses. Sur aucun des critères de la maladie – handicap, force musculaire, respiratoire – on ne peut voir d’effet du traitement.

Information délivrée au Congrès annuel de l’American Neurological Association,
Chicago (USA) 24-29 septembre 2015

 

Information sur l’étude RespiStim SLA

L’étude RespiStim SLA, promue par l’AP-HP, a débuté en septembre 2012 pour une durée de six années. Elle avait pour objectif principal de démontrer que la stimulation phrénique intradiaphragmatique à faible intensité ralentit la progression de l’atteinte respiratoire dans la Sclérose Latérale Amyotrophique et retarde ainsi le recours à la Ventilation Non Invasive (VNI).

L’investigateur coordonnateur est le Dr. Jesus Gonzalez, pneumologue dans le service du Pr Thomas Similowski, à la Pitié Salpêtrière. Elle est financée par un Programme Hospitalier de Recherche Clinique national avec le soutien de l’association ARSLA et la fondation Thierry Latran.

La stimulation phrénique intradiaphragmatique consiste en la mise en place d’électrodes stimulant les deux nerfs phréniques afin de provoquer des contractions musculaires du diaphragme.

Dans cette étude randomisée contrôlée en triple aveugle, 74 malades ont été équipés d’un stimulateur phrénique avec ou sans stimulation. Les patients et les investigateurs étaient tenus dans l’ignorance du bras d’appartenance (actif ou placebo). De plus, la décision de ventilation non invasive était prise par un comité indépendant également ignorant du traitement reçu par le patient (triple aveugle). Tout le matériel est identique dans les deux groupes sauf le câble connecteur qui ; dans un groupe est un vrai câble de transmission, et dans le groupe placebo, est un câble fictif ne provoquant aucune contraction. Lorsque l’état de santé des patients se dégradait et nécessitait une ventilation non invasive, ils ont également reçu un câble actif avec stimulation.

Comme pour tout essai clinique, l’AP-HP – promoteur de l’essai – a mis en place une surveillance étroite de l’étude pour assurer la sécurité des patients participant à cette recherche, notamment par le biais d’un comité de surveillance indépendant. Ce comité s’est réuni 10 fois depuis le début de la recherche en 2012.

Suite aux résultats de l’étude Dipals (McDermott et coll, Lancet neurol 2015), et après une analyse fine des résultats de RespiStim SLA, l’AP-HP a décidé de mettre un terme à l’étude clinique en raison d’une absence de bénéfices et d’une surmortalité dans le sous-groupe des patients ayant un dispositif actif. L’AP-HP a informé l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé et le Comité de Protection des Personnes, de sa décision de mettre un terme à l’étude.

 

Tous les malades ont été informés de l’arrêt de l’étude. Ils vont bénéficier d’une information et d’une prise en charge personnalisées. L’investigateur, en lien avec les équipes du Département de la Recherche Clinique et du Développement de l’AP-HP, travaillent actuellement sur une analyse plus fine des données recueillies jusqu’à ce jour.

 

Source : Communiqué de presse publié le 24/08/2015 sur le site de l’Assistance Publique,
Hôpitaux de Paris.