L’indication de l’usage de l’EdARAVONE dans la SLA a été approuvée par la Food and Drug Administration (FDA) le 5 mai 2017. Cette décision fait suite à la communication lors du congrès de l’American Academy of Neurology qui s’est tenu fin avril 2017 à Boston, des résultats de l’étude phase III, randomisée double aveugle, (NCT01492686) réalisée par Mitsubishi Pharma au Japon. Cette étude a porté sur un faible nombre de sujets en phase initiale de SLA (68 traités, 68 placebos) recevant pendant 6 mois, en cycles de 28 jours (14 jours de perfusions – 14 jours sans traitement) l’Edaravone à 60 mg/jour ou le placebo.
Les résultats jugés sur l’échelle fonctionnelle ALFFRS-R (score en 48 points) ont montré une moindre dégradation du score chez la population traitée, comparés à la population non traitée, sur la période de l’étude (différence de 2,5 points). De ce résultat est extrapolé un effet de réduction de 33% de la vitesse d’évolution de la maladie.
Des effets indésirables ont été observés chez environ 10% des personnes traitées : ecchymoses, eczéma, troubles de l’équilibre et maux de tête pour les plus fréquents.
L’EdARAVONE a été développé comme antioxydant dans les années 80. Cette molécule, commercialisée sous le nom de RADICAVA (ou de RADICUT) a été développée pour ses effets antioxydants. Elle est utilisée au Japon depuis de nombreuses années dans l’indication de prévention de séquelles d’accidents vasculaires cérébraux et dans la SLA. Deux études antérieures menées par Mitsubishi Pharma sur des populations de SLA en phase avancée, n’ont pas montré de résultat significatif.
Une forme d’EdARAVONE en comprimé à 30 mg est en cours de développement avec un essai de phase I en cours dans la SLA.
Si la décision récente de la FDA doit certainement être considérée comme une étape porteuse d’espoir pour diminuer l’évolutivité de la SLA en phase précoce, elle doit cependant être relativisée : il ne s’agit malheureusement pas d’un traitement curatif. De plus, cette validation d’indication FDA s’accompagne d’une demande d’études complémentaires pour clarifier les risques d’effets à plus long terme, notamment de cancer et de toxicité hépatique. Noter que la molécule n’est pas disponible en Europe puisque non approuvé par les agences règlementaires sanitaires à ce jour donc sans AMM et non remboursée (pour information le coût d’une perfusion est d’environ 900 €, soit un coût de traitement annuel autour 150 000 €).
[1] A double-blind, placebo-controlled randomized clinical trial of alpha-tocopherol (vitamin E) in the treatment of amyotrophic lateral sclerosis.Desnuelle C, Dib M, Garrel C, Favier A. and the ALS Study Group Amyotroph Lateral Scler Other Motor Neuron Disord. 2001; Mar2 (1):9-18.
Des éléments de réponse aux questions les plus fréquentes qui nous sont posées sur : le diagnostic, le traitement, le suivi de la maladie, la vie quotidienne, la prise en charge et les aides, la recherche, …
Le neurone est une des cellules composant le tissu nerveux avec les cellules gliales. Les neurones constituent l’unité fonctionnelle du système nerveux et les cellules gliales assurent le soutien et la nutrition des cellules nerveuses. Le système nerveux comprend environ cent milliards de neurones. Le neurone est une cellule dite polarisée avec des prolongements qui conduisent l’information et qui véhiculent les substances nécessaires au bon fonctionnement de la cellule. Les ‘dendrites’ sont des prolongements centripètes allant de la périphérie vers le corps cellulaire. Les axones sont centrifuges et vont du corps cellulaire vers la périphérie. La jonction entre l’axone d’une cellule et les dendrites d’une autre cellule est appelée synapse.
Le neurone moteur, également appelé « motoneurone », est une cellule nerveuse spécialisée dans la commande des mouvements. Il existe en fait deux grands types de neurones moteurs, le premier est dit central et se situe dans le cerveau, il achemine le message initial du cerveau jusque dans la moelle épinière. Le second, dit périphérique, débute dans la moelle épinière et achemine le message de la moelle épinière jusqu’aux muscles. Dans les atteintes des neurones moteurs, seules les fonctions motrices sont touchées, il n’existe donc pas de troubles sphinctériens, de troubles de la sensibilité, ni de troubles de l’intelligence.
Il n’y a pas de cause précise identifiée à l’heure actuelle. Il existe plusieurs hypothèses pour expliquer la dégénérescence du neurone moteur.
Certaines sont en faveur de facteurs environnementaux, d’autres des facteurs endogènes, c’est-à-dire de mécanismes internes produits par l’organisme Aucune étude n’a pour l’instant mis en évidence de mécanisme précis. Les études qui ont été menées jusqu’à présent étaient axées sur l’un ou l’autre facteur. Ces recherches n’ayant rien donné, des études sont menées pour déterminer s’il existe des facteurs croisés entre les facteurs environnementaux et endogènes.
En fonction du mode de début, on distingue : les formes bulbaires avec l’apparition en premier de troubles de la parole ou de la déglutition et les formes spinales (c’est-à-dire touchant la moelle épinière) avec une apparition initiale sur un des membres. Il existe des SLA dites monoméliques, qui ne touchent qu’un membre, et une variante est la paralysie bulbaire pure qui ne touche que la déglutition et la parole.