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LA SLA ET LE CANNABIS À USAGE MÉDICAL PAR LE PR. CLAUDE DESNUELLE

Un décret du Ministère des Solidarités et de la Santé publié fin mars 2021, officialise la mise en place de l’expérimentation de l’usage médical du cannabis en France prévue à article 43 de la loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 et selon les conditions précisées par le décret du 7 octobre 2020. Le but est d’évaluer le dispositif d’accès au cannabis médical et non l’efficacité du cannabis médical même si des premières données cliniques françaises seront collectées.

Quelles sont les situations concernées ?

L’Agence Nationale de Sécurité du médicament (ANSM), chargée de la mise en œuvre, publie une liste dans laquelle, sans être exhaustif, certaines situations peuvent se rencontrer chez les personnes atteintes de SLA : douleurs neuropathiques réfractaires aux thérapies (médicamenteuses ou non) accessibles ; situations palliatives, ou spasticité douloureuse liée à une pathologie du système nerveux central. On peut donc considérer que si l’une de ces conditions justifie d’une prescription médicale chez une personne atteinte de SLA, cette personne peut bénéficier de l’expérimentation mise en place à condition de respecter les procédures de prescriptions et d’utilisation, et les produits utilisables.

Qu’est-ce que le cannabis médical ?

Le terme de cannabis est un terme générique qui recouvre des plantes très différentes par leur composition contenant de nombreuses molécules différentes, dont certaines, seules ou associées, ont des vertus thérapeutiques. De fait, quand on parle de cannabis on désigne dans la famille des cannabinoïdes de son principal constituant psychoactif le delta-9-THC (THC), et essentiellement du cannabidiol (CBD) et du cannabinol (CBN).

De nombreuses données suggèrent que le système cannabinoïde est impliqué dans la modulation de la douleur via l’activation de récepteurs principalement localisés au niveau du système nerveux central et au niveau des neurones afférents primaires et de la moelle épinière. Ce sont des neuromodulateurs modifiant l’effet de la transmission de neuromédiateurs comme le glutamate, le GABA, la glycine, la noradrénaline, la sérotonine, l’acétylcholine et de nombreux neuropeptides. Leur activation permet une modulation de la transmission synaptique des voies sensitives de la douleur. Ils sont aussi actifs sur l’hypertonie musculaire de la spasticité en modulant les afférences excitatrices.

Lorsque l’on parle cannabis médical (terme plus adapté que cannabis thérapeutique), on parle d’une association de molécules dans une indication précise. On fabrique des médicaments très différents les uns des autres par leur composition. Le cannabis médical répond à des standards pharmaceutiques, il est prescrit par des médecins et délivré par des pharmaciens. On parle de produits qui ont des niveaux de preuve d’efficacité thérapeutique suffisante et qui relèvent de la classe des stupéfiants comme la morphine.

Les médicaments à base de cannabis utilisés pendant l’expérimentation sont produits à cet effet par des fournisseurs sélectionnés par l’ANSM et soumis à des contrôles. Ils contiennent du THC et du CBD dosés selon des concentrations définies pour l’expérimentation. Ces médicaments sont donc différents des préparations de CBD seul, produites sans contrôle, proposées à la vente sur internet. Ils peuvent se présenter sous l’une des 3 formes suivantes : pour inhalation par vaporisation, pour prise orale en capsule ou équivalent et pour prise orale sublinguale. Ce sont donc des produits bien différents de ceux qu’on trouve à la vente postionnés dans un créneau économique de « cannabis bien-être » voire de « cannabis récréatif » qui contiendraient majoritairement du CBD et qui ne peuvent pas être commercialisés en France sauf s’ils sont d’origine purement synthétique.

En pratique

Une liste des centres habilités à prescription est donnée sur le site de l’ANSM (voir ci-dessous liste des structures de référence), il s’agit principalement de centres antidouleurs, de secteurs palliatifs et de services de neurologie appartenant à un centre hospitalier. Les médecins travaillant dans ces centres sont habilités à prescrire sur ordonnances sécurisées similaires à celles utilisées pour prescription de morphine. Une dérogation peut être délivrée par les Autorités de santé après formation spécifique.

Pr. Claude Desnuelle

Liens sur les textes réglementaires

Notre FAQ

Des éléments de réponse aux questions les plus fréquentes qui nous sont posées sur : le diagnostic, le traitement, le suivi de la maladie, la vie quotidienne, la prise en charge et les aides, la recherche, …

Qu’est-ce qu’un neurone ?

Le neurone est une des cellules composant le tissu nerveux avec les cellules gliales. Les neurones constituent l’unité fonctionnelle du système nerveux et les cellules gliales assurent le soutien et la nutrition des cellules nerveuses. Le système nerveux comprend environ cent milliards de neurones. Le neurone est une cellule dite polarisée avec des prolongements qui conduisent l’information et qui véhiculent les substances nécessaires au bon fonctionnement de la cellule. Les ‘dendrites’ sont des prolongements centripètes allant de la périphérie vers le corps cellulaire. Les axones sont centrifuges et vont du corps cellulaire vers la périphérie. La jonction entre l’axone d’une cellule et les dendrites d’une autre cellule est appelée synapse.

Qu’est-ce qu’un motoneurone ?

Le neurone moteur, également appelé « motoneurone », est une cellule nerveuse spécialisée dans la commande des mouvements. Il existe en fait deux grands types de neurones moteurs, le premier est dit central et se situe dans le cerveau, il achemine le message initial du cerveau jusque dans la moelle épinière. Le second, dit périphérique, débute dans la moelle épinière et achemine le message de la moelle épinière jusqu’aux muscles. Dans les atteintes des neurones moteurs, seules les fonctions motrices sont touchées, il n’existe donc pas de troubles sphinctériens, de troubles de la sensibilité, ni de troubles de l’intelligence.

Quelle est la cause de la SLA ?

Il n’y a pas de cause précise identifiée à l’heure actuelle. Il existe plusieurs hypothèses pour expliquer la dégénérescence du neurone moteur.

Certaines sont en faveur de facteurs environnementaux, d’autres des facteurs endogènes, c’est-à-dire de mécanismes internes produits par l’organisme Aucune étude n’a pour l’instant mis en évidence de mécanisme précis. Les études qui ont été menées jusqu’à présent étaient axées sur l’un ou l’autre facteur. Ces recherches n’ayant rien donné, des études sont menées pour déterminer s’il existe des facteurs croisés entre les facteurs environnementaux et endogènes.

Y’a-t-il plusieurs formes de SLA ?

En fonction du mode de début, on distingue : les formes bulbaires avec l’apparition en premier de troubles de la parole ou de la déglutition et les formes spinales (c’est-à-dire touchant la moelle épinière) avec une apparition initiale sur un des membres. Il existe des SLA dites monoméliques, qui ne touchent qu’un membre, et une variante est la paralysie bulbaire pure qui ne touche que la déglutition et la parole.