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Les personnes atteintes de SLA en France ont-elles du temps à perdre ?

Pr Claude Desnuelle, Vice-Président de l’ARSLA 

 

La SLA, ou maladie de Charcot, est une maladie neurologique très invalidante et incurable. Nous sommes tous porteurs d’1 risque sur 300 de développer une SLA au cours de notre vie (1800 nouveaux cas /an en France). En quelques mois, les personnes atteintes perdent les fonctions motrices, la communication orale et écrite, et voient leur capacité respiratoire et à se nourrir se restreindre nécessitant assistance. Au diagnostic, l’espérance de vie médiane n’est que 2 à 3 ans. Le seul traitement actuellement autorisé en France depuis plus de 25 ans est le Riluzole dont on sait qu’il prolonge la survie de l’ordre de 3 mois.

En juin dernier au Canada, et depuis quelques jours aux USA, les Autorités de santé ont autorisé l’usage d’un médicament, AMX0035 des laboratoires Amylyx, qui combine 2 molécules (phenylbutirate de sodium et taurursodiol) déjà approuvées dans d’autres indications que la SLA. Cette autorisation se base sur les résultats d’une étude phase 2 (étude CENTAUR) réalisée contre placebo chez 137 patients dans les plus grands centres universitaires mondiaux impliqués dans la prise en charge de la SLA.

Les résultats de cette étude, publiés fin 2020 (N Engl J Med 2020; 383:919-930) ont montré une bonne tolérance et une baisse significative du déclin fonctionnel jugé sur le score de l’échelle ALSFRS-R (1,24 points par mois versus 1,66 sous placebo). De plus, l’étude ouverte d’extension de 2,5 ans a montré une augmentation de la survie de 10 à 18 mois pour les malades traités soit une diminution du risque de décès de 43% pour ceux s’étant vu attribuer le traitement dès l’entrée dans l’étude. Ces résultats ont conduit aux décisions actuelles prises au Canada et aux USA, d’autant qu’un récent éditorial de la Revue Annals of Neurology (2022 Jun;91(6):737-739) explique qu’une seule étude suffit pour approuver un médicament dans le SLA . Il faut remarquer que pour une maladie dont la médiane de survie est de 2 à 3 ans sans traitement, le bénéfice d’un traitement offrant 1,5 année de survie supplémentaire est indiscutable. A titre de comparaison pour les 92 médicaments testés contre le  cancer entre 2000 et 2016, la moyenne du bénéfice en terme de survie est de moins de 3 mois (source JAMA Review 2020).

Problème : L’autorisation reste limitée à une zone géographique, une étude phase 3 (étude PHOENIX), testant les effets de la même molécule (AMX0035) sur le cours évolutif de la SLA, selon le même protocole contre placebo pendant 48 semaines, dans l’objectif de confirmer statistiquement les résultats de l’étude CENTAUR, est en cours dans plusieurs pays du monde, menée par le même laboratoire. La poursuite des autorisations d’utilisation de l’AMX0035 dans le traitement de la SLA qui vient d’être donnée dans 2 pays d’Amérique du Nord est conditionnée aux éventuels résultats positifs de l‘étude PHOENIX.

Pour le laboratoire Amylyx il est donc impératif que l’étude PHOENIX soit menée à bien, mais il ne faut plus compter sur la contribution des pays d’Amérique du Nord où les personnes atteintes de SLA peuvent bénéficier du traitement « actif » autorisé alors que dans les autres pays dont la France le seul accès potentiel passe par une inclusion dans l’étude PHOENIX, c’est-à-dire correspondre aux critères sélectifs d’inclusion (notamment moins de 2 ans d’évolution et plus de 55% de CVL à la spirométrie), avoir accès à un centre expérimentateur (6 en France) et surtout prendre le risque d’être dans la fraction des 40% des malades qui reçoivent un placebo inactif.

Certes, à la fin de l’étude les quelques malades inclus recevront tous l’AMX0035, mais pour 40% d’entre eux avec près d’1 an de retard. Quand on sait la vitesse d’évolution de la maladie, et que moins de 1 malade sur 100 atteint de SLA pourra participer en France à l’étude PHOENIX, cette option nous parait inacceptable : les personnes atteintes de SLA en France n’ont pas de temps à perdre.

L’ARSLA, association loi 1901 reconnue d’utilité publique, représentative de la population des personnes atteintes de SLA en France, demande impérativement à l’ANSM de trouver rapidement une solution pour que les malades français puissent dans un délai rapide avoir accès au traitement par AMX0035 des laboratoires Amylyx.

 

MISE A JOUR DU 10 OCTOBRE 2022 :

 

📢 BREAKING NEWS
Suite aux différents courriers adressés par l’ARSLA à l’ANSM Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé et aux responsables politiques, l’ANSM va recevoir le laboratoire Amylyx Pharmaceuticals concernant la demande d’accès précoce pour l’ALBRIOZA (dénomination européenne retenue à ce stade pour le RELYVRIO qui dispose d’une autorisation de mise sur le marché aux Etats-Unis).
 
L’ARSLA suit ce dossier attentivement et continue son action pour la défense des droits des patients.
 
#ARSLA #SLA #ALS #MaladiedeCharcot #DiagSLAetApres #Agir4SLA #ANSM

 

 

 

Notre FAQ

Des éléments de réponse aux questions les plus fréquentes qui nous sont posées sur : le diagnostic, le traitement, le suivi de la maladie, la vie quotidienne, la prise en charge et les aides, la recherche, …

Qu’est-ce qu’un neurone ?

Le neurone est une des cellules composant le tissu nerveux avec les cellules gliales. Les neurones constituent l’unité fonctionnelle du système nerveux et les cellules gliales assurent le soutien et la nutrition des cellules nerveuses. Le système nerveux comprend environ cent milliards de neurones. Le neurone est une cellule dite polarisée avec des prolongements qui conduisent l’information et qui véhiculent les substances nécessaires au bon fonctionnement de la cellule. Les ‘dendrites’ sont des prolongements centripètes allant de la périphérie vers le corps cellulaire. Les axones sont centrifuges et vont du corps cellulaire vers la périphérie. La jonction entre l’axone d’une cellule et les dendrites d’une autre cellule est appelée synapse.

Qu’est-ce qu’un motoneurone ?

Le neurone moteur, également appelé « motoneurone », est une cellule nerveuse spécialisée dans la commande des mouvements. Il existe en fait deux grands types de neurones moteurs, le premier est dit central et se situe dans le cerveau, il achemine le message initial du cerveau jusque dans la moelle épinière. Le second, dit périphérique, débute dans la moelle épinière et achemine le message de la moelle épinière jusqu’aux muscles. Dans les atteintes des neurones moteurs, seules les fonctions motrices sont touchées, il n’existe donc pas de troubles sphinctériens, de troubles de la sensibilité, ni de troubles de l’intelligence.

Quelle est la cause de la SLA ?

Il n’y a pas de cause précise identifiée à l’heure actuelle. Il existe plusieurs hypothèses pour expliquer la dégénérescence du neurone moteur.

Certaines sont en faveur de facteurs environnementaux, d’autres des facteurs endogènes, c’est-à-dire de mécanismes internes produits par l’organisme Aucune étude n’a pour l’instant mis en évidence de mécanisme précis. Les études qui ont été menées jusqu’à présent étaient axées sur l’un ou l’autre facteur. Ces recherches n’ayant rien donné, des études sont menées pour déterminer s’il existe des facteurs croisés entre les facteurs environnementaux et endogènes.

Y’a-t-il plusieurs formes de SLA ?

En fonction du mode de début, on distingue : les formes bulbaires avec l’apparition en premier de troubles de la parole ou de la déglutition et les formes spinales (c’est-à-dire touchant la moelle épinière) avec une apparition initiale sur un des membres. Il existe des SLA dites monoméliques, qui ne touchent qu’un membre, et une variante est la paralysie bulbaire pure qui ne touche que la déglutition et la parole.