Réaction de la Filière FILSLAN suite à la publication du communiqué de presse de AB Sciences SA publié le 20 mars 2017, dans le cadre des informations réglementaires délivrées à ses actionnaires, un communiqué de presse, qui annonce des résultats positifs de l’étude AB10015 (NTC 02588677) de la molécule Masitinib dans la SLA.
Cette molécule est un inhibiteur de protéine kinase. Des études expérimentales préliminaires sur cultures de cellules gliales issues de modèles murins de SLA (mutation SOD1 G93A) ont montré un effet préventif de cette molécule sur l’apparition de cellules gliales anormales qui prolifèrent au cours de la dégénérescence médullaire. Cette constatation a soutenu l’hypothèse que la prolifération de ces cellules est liée à l’activation d’un récepteur kinase et donc que l’effet d’un inhibiteur spécifique peut ralentir la mort des neurones moteurs et prévenir les méfaits de la neuro-inflammation dans la SLA.
L’étude clinique phase II/III menée par AB Sciences dont il est fait état dans ce communiqué est un essai d’efficacité et de tolérance du Masitinib associé au rilutek, versus placebo associé au rilutek chez 394 patients atteints de SLA, traités pendant 48 semaines aux doses de 4,5 mg/kg/j ou de 3 mg/kg/j.
Pour la dose 4,5 mg/kg/j un effet positif comparé au placebo est rapporté, statistiquement significatif pour le critère principal (échelle ALSFRS-R) lorsque l’analyse est faite selon une méthode d’imputation par rapport à la dernière observation disponible qui permet d’attribuer une valeur de fin d’étude pour les patients qui ont arrêté le traitement avant.
Le second critère d’efficacité est la survie évaluée sur la progression de plus de 9 points des valeurs de l’échelle ALSFRS-R ou la mort. Ce critère est aussi statistiquement significatif. Une échelle de qualité de vie (ALS AQ) a été utilisée, les scores sont statistiquement significatifs.
Aucune information n’est donnée sur des critères de mesures des fonctions respiratoires.
Une première question est donc de savoir si de ce fait le double-aveugle pouvait être dûment respecté, surtout si pour la dose 3 mg/kg/j les résultats font état d’une tendance positive, sans atteindre les critères de significativité statistique sauf pour l’échelle qualité de vie.
Il n’est pas donné d’information quant à la tolérance, le communiqué mentionne que les effets indésirables sont ceux connus pour la molécule sans plus de précision, ni sur le nombre de patients ayant prématurément quitté l’étude en raison d’effets indésirables.
AB Science a indiqué il y a plusieurs mois mettre à disposition la molécule selon une « procédure compassionnelle ». En France cette procédure passe par une autorisation de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) qui, à ce jour, ne s’est pas prononcée.
Il est certain que ces résultats sont porteurs d’espoirs. Une communication scientifique des résultats est annoncée pour le congrès de l’ENCALS (European Network for the Cure ALS), réunissant les représentants des Centres SLA Européens du 18 au 20 mai prochain à Ljubljana (Slovénie). Espérons qu’à cette occasion les experts Européens pourront émettre une opinion consensuelle quant aux résultats de cette étude et que nous connaitrons les futures étapes de développement de la molécule.
FILSLAN le 21 mars
Des éléments de réponse aux questions les plus fréquentes qui nous sont posées sur : le diagnostic, le traitement, le suivi de la maladie, la vie quotidienne, la prise en charge et les aides, la recherche, …
Le neurone est une des cellules composant le tissu nerveux avec les cellules gliales. Les neurones constituent l’unité fonctionnelle du système nerveux et les cellules gliales assurent le soutien et la nutrition des cellules nerveuses. Le système nerveux comprend environ cent milliards de neurones. Le neurone est une cellule dite polarisée avec des prolongements qui conduisent l’information et qui véhiculent les substances nécessaires au bon fonctionnement de la cellule. Les ‘dendrites’ sont des prolongements centripètes allant de la périphérie vers le corps cellulaire. Les axones sont centrifuges et vont du corps cellulaire vers la périphérie. La jonction entre l’axone d’une cellule et les dendrites d’une autre cellule est appelée synapse.
Le neurone moteur, également appelé « motoneurone », est une cellule nerveuse spécialisée dans la commande des mouvements. Il existe en fait deux grands types de neurones moteurs, le premier est dit central et se situe dans le cerveau, il achemine le message initial du cerveau jusque dans la moelle épinière. Le second, dit périphérique, débute dans la moelle épinière et achemine le message de la moelle épinière jusqu’aux muscles. Dans les atteintes des neurones moteurs, seules les fonctions motrices sont touchées, il n’existe donc pas de troubles sphinctériens, de troubles de la sensibilité, ni de troubles de l’intelligence.
Il n’y a pas de cause précise identifiée à l’heure actuelle. Il existe plusieurs hypothèses pour expliquer la dégénérescence du neurone moteur.
Certaines sont en faveur de facteurs environnementaux, d’autres des facteurs endogènes, c’est-à-dire de mécanismes internes produits par l’organisme Aucune étude n’a pour l’instant mis en évidence de mécanisme précis. Les études qui ont été menées jusqu’à présent étaient axées sur l’un ou l’autre facteur. Ces recherches n’ayant rien donné, des études sont menées pour déterminer s’il existe des facteurs croisés entre les facteurs environnementaux et endogènes.
En fonction du mode de début, on distingue : les formes bulbaires avec l’apparition en premier de troubles de la parole ou de la déglutition et les formes spinales (c’est-à-dire touchant la moelle épinière) avec une apparition initiale sur un des membres. Il existe des SLA dites monoméliques, qui ne touchent qu’un membre, et une variante est la paralysie bulbaire pure qui ne touche que la déglutition et la parole.