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Projets scientifiques financés par l’ARSLA en 2026 

Soutenir la recherche sur la maladie de Charcot (SLA), c’est permettre des découvertes scientifiques essentielles au développement d’avancées concrètes pour les personnes concernées. 

En 2026, grâce à la mobilisation de ses donateurs, partenaires et soutiens, l’ARSLA finance une nouvelle génération de projets de recherche ambitieux couvrant l’ensemble des enjeux de la maladie : mieux comprendre ses mécanismes, identifier des biomarqueurs pertinents et de nouvelles cibles thérapeutiques, améliorer la prise en charge et ouvrir la voie à des traitements plus efficaces. 

Allant des approches fondamentales de compréhension de la maladie jusqu’aux projets plus concrets sur des thérapies potentielles, en passant par le soutien aux jeunes chercheurs, ces travaux illustrent la diversité des leviers nécessaires pour faire progresser la recherche et répondre à l’urgence de la SLA. 

Découvrez les projets soutenus cette année et les équipes qui font avancer la recherche. 

Projets génériques 

MODALS : Modulateurs moléculaires de la contractilité diaphragmatique dans la SLA 

Pr. Gaelle BRUNETEAU (INSERM UMR-S1124, Paris) 

3 ans

Le diaphragme est le principal muscle de la respiration et son affaiblissement progressif dans la SLA entraîne une insuffisance respiratoire, principale cause de décès. En utilisant des cellules musculaires humaines cultivées en laboratoire, le projet MODALS vise à comprendre les processus biologiques responsables de la faiblesse du diaphragme dans la SLA, et notamment à identifier les gènes qui, lorsqu’ils sont modulés, ont le plus grand impact sur sa structure et sa capacité de contraction. Les résultats poseront les bases de nouvelles stratégies thérapeutiques visant à soutenir la fonction du diaphragme, retarder l’insuffisance respiratoire et améliorer à la fois la survie et la qualité de vie des personnes vivant avec la SLA. 

ageALS : Analyse du vieillissement des motoneurones humains en tant que facteur contribuant à la SLA 

Dr. Christian S. LOBSIGER (Institut du Cerveau, Paris) 

2 ans

L’âge étant un facteur de risque majeur dans la SLA, ce projet cherche à comprendre comment le vieillissement contribue à la maladie. En étudiant les neurones issus de la moelle épinière de sujets jeunes et âgés décédés de causes non liées à des maladies neurodégénératives, l’objectif est d’identifier les modifications liées à l’âge qui sont également observées précocement dans la SLA. Ces analyses permettront de comprendre les mécanismes biologiques du vieillissement qui fragilisent les neurones moteurs et de révéler de nouvelles cibles puissantes pour les protéger, dans un large éventail de cas de SLA. 

Sense-Antisense : Etude de la synthèse des polydipeptides toxiques dans la SLA 

Dr. Franck MARTIN (Institut de Biologie Moléculaire et Cellulaire de Strasbourg) 

3 ans

Parmi les formes génétiques de SLA, la cause la plus fréquente est une anomalie du gène C9orf72 dans lequel une courte séquence d’ADN est excessivement répétée. Cette mutation entraîne la production de protéines toxiques qui s’accumulent dans les neurones et perturbent leur fonctionnement. Ce projet, mené avec les équipes de Clotilde Lagier-Tourenne (Harvard, USA) et de Alessia Ruggieri (Heidelberg, Allemagne), vise à comprendre comment ces protéines toxiques sont produites à partir du gène muté, et comment certains paramètres cellulaires modulent cette production. L’objectif est d’identifier de nouvelles stratégies thérapeutiques contre la SLA liée à C9orf72. Dans ce cadre, une thérapie innovante appelée oligonucléotide antisens (ASO) sera notamment testée pour bloquer la fabrication des protéines toxiques.  

TeVi-ALS : Bénéfice de la télésurveillance de la VNI dans la SLA 

Pr. Capucine Morélot-Panzini (UMR-S 1158 INSERM Sorbonne Université) 

3 ans

Dans la SLA, les muscles et notamment les muscles impliqués dans la respiration s’affaiblissent progressivement. En insuffisance respiratoire, de nombreux patients doivent utiliser un appareil de ventilation non invasive (VNI), qui les aide à respirer et améliore la qualité de vie et la survie. Cependant, l’efficacité de ce traitement peut être limitée lorsque certains problèmes ne sont pas détectés rapidement, comme des fuites en cas de mauvais ajustement du masque ou des troubles respiratoires nocturnes. Cette étude vise à évaluer si la télésurveillance, qui permet de suivre à distance les données des ventilateurs, peut améliorer l’efficacité de la VNI chez les personnes atteintes de SLA. Les chercheurs étudieront notamment l’essoufflement, la qualité du sommeil et le confort global sous VNI, ainsi que l’impact du suivi à distance sur le nombre d’hospitalisations et la qualité de vie. L’objectif est de définir les paramètres pertinents à surveiller pour le suivi des patients, et d’améliorer la prise en charge des personnes vivant avec une SLA.   

ATLAS : Cartographie numérique de la pathologie moléculaire cérébrale et médullaire dans la SLA à l’aide de l’intelligence artificielle 

Pr. Philippe CODRON (CHU d’Angers) 

2 ans

L’importante variabilité clinique des patients atteints de SLA suggère l’existence de différents sous-types biologiques. Du fait de la complexité de la maladie, ces sous-types restent néanmoins mal caractérisés, ce qui empêche une classification pertinente des patients et limite l’efficacité des traitements. En s’appuyant sur l’IA ainsi que sur des technologies de caractérisation biologique de pointe, le projet ATLAS cherche à créer une cartographie détaillée de la maladie. L’objectif : combiner un maximum de données biologiques de différentes natures (cliniques, moléculaires, cellulaires, tissulaires, imagerie…) pour appréhender la maladie de manière globale et identifier notamment des sous-groupes pertinents. Toutes les données anonymisées seront collectées dans une base de données sécurisée appelée ATLAS et les résultats seront partagés via une plateforme en libre accès à toutes les équipes travaillant sur la maladie afin d’accélérer la recherche à l’échelle mondiale. 

AggTDP43 : Cibler les condensats pathologiques dans des modèles cellulaires pertinents liés à la SLA 

Dr. Zoher GUEROUI (Ecole Normale Supérieure, Paris) 

2 ans

Dans la majorité des cas de SLA, on observe au sein des cellules malades des amas anormaux de la protéine TDP-43. En étudiant des motoneurones en culture issus de patients (iPSC), ce projet cherche à comprendre si ces agrégats sont un mécanisme de protection ou une cause de toxicité cellulaire, et, le cas échéant, les mécanismes de cette toxicité. L’objectif est ensuite d’utiliser des techniques de prédiction basées sur l’intelligence artificielle pour générer une bibliothèque de molécules susceptibles de perturber ces agrégats, et proposer ainsi de nouveaux candidats thérapeutiques.   

IMAGINE-ALS : Biomarqueurs en IRM du cerveau et de la moelle épinière pour la stratification des patients atteints de SLA : une approche à grande échelle par intelligence artificielle. 

Dr. Giorgia QUERIN (Laboratoire d’Imagerie Biomédicale, Sorbonne Université) 

1 an

La SLA est une maladie grave et très hétérogène, dont l’évolution varie fortement d’un patient à l’autre, compliquant le suivi et la mise en place des essais cliniques. Dans ce contexte, il existe un besoin majeur d’indicateurs biologiques fiables appelés biomarqueurs qui permettront de mieux caractériser la maladie et de classifier les patients de manière pertinente. L’IRM du cerveau et de la moelle épinière est un outil non invasif, déjà utilisé en pratique clinique, qui pourrait répondre à cet objectif. En s’appuyant sur un grand nombre de données IRM issues de cohortes de patients, ce projet utilise l’IA pour identifier des biomarqueurs simples, robustes et facilement utilisables, prédictifs de la sévérité et de l’évolution de la maladie. A terme, l’objectif est d’améliorer la classification des patients pour permettre leur orientation vers des thérapies pertinentes, et d’affiner l’évaluation des traitements dans les essais cliniques. Deux conditions essentielles pour accélérer la recherche thérapeutique dans la SLA.  

Projets « Preuve de concept » 

Cure C9-ALS : Développer une approche thérapeutique pour la SLA liée à la mutation C9ORF72 

Dr. Nicolas CHARLET (IGBMC, Illkirch) 

1 an

La cause génétique la plus fréquente de SLA est une mutation dans le gène C9orf72. Ce gène permet en temps normal la fabrication de la protéine C9orf72, impliquée dans le nettoyage des cellules. Suite à la mutation du gène, les quantités de protéines C9orf72 fonctionnelles diminuent, tandis que d’autres protéines toxiques appelées DPR sont formées. Ce projet s’intéresse aux mécanismes de toxicité des DPR, et suggère une approche thérapeutique innovante. Au lieu d’empêcher la formation des DPR, la stratégie consiste à restaurer les protéines C9orf72 fonctionnelles et à stimuler ainsi le nettoyage « naturel » des déchets de la cellule, dont font partie les DPR. Cette technique permettrait de cibler simultanément deux anomalies provoquées par la mutation C9orf72. 

CoTarget-P2-ALS : Nouveaux biologiques pour le co-ciblage de récepteurs P2X: une stratégie pour ralentir la SLA 

Dr. Eric Boué-Grabot (Institut des Maladies Neurodégénératives, Bordeaux) 

1 an

Dans la Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA), l’inflammation systématique du système nerveux central contribue en grande partie à la mise en place d’un environnement toxique pour les neurones moteurs qui meurent progressivement. Ce projet s’intéresse donc aux cellules immunitaires du cerveau : les microglies. En fonction des signaux perçues dans leur environnement, ces dernières peuvent limiter l’inflammation et jouer un rôle protecteur pour les neurones, ou bien amplifier l’inflammation et aggraver leur dégénérescence. Dans le cadre de ce projet, le laboratoire a identifié deux molécules, respectivement capables de stimuler le rôle protecteur et de bloquer les propriétés destructrices des microglies. Ces deux molécules seront testées dans des modèles animaux de la maladie pour évaluer leur potentiel thérapeutique. En ciblant un dysfonctionnement présent dans toutes les formes de SLA, cette stratégie pourrait déboucher sur une thérapie globale, également pertinente pour les cas sporadiques ou génétiques.   

Projets « Jeunes Chercheurs » 

Évaluation d’une origine neurodéveloppementale possible de la sclérose latérale amyotrophique et de sa fenêtre thérapeutique optimale 

Farah AL HAJJ (Université de Strasbourg) 

Bien qu’elles touchent majoritairement les adultes, certaines maladies neurodégénératives pourraient avoir une origine neurodéveloppementale et demeurer silencieuses durant l’enfance, l’adolescence et une partie de l’âge adulte. En s’appuyant sur des modèles animaux de SLA, ce projet propose d’explorer les mécanismes altérés dès avant la naissance. L’objectif est d’enrichir la compréhension de la maladie mais aussi d’identifier les leviers précoces qui permettraient d’empêcher le développement des symptômes à l’âge adulte dans les formes familiales de la SLA.   

Signalisation des facteurs neurotrophiques dans la croissance et la vulnérabilité des sous-types de motoneurones dans la SMA et la SLA 

Grace HENSTONE (Sorbonne Université) 

Les maladies du motoneurone (MMN), comme la SLA, entraînent une perte progressive des neurones qui contrôlent les muscles, conduisant à une paralysie. Ce projet s’intéresse à des molécules particulières appelées facteurs neurotrophiques, et normalement chargées d’aider les neurones à établir leurs connexions et à survivre tout au long de la vie. En travaillant sur des cellules humaines générées en laboratoire, l’objectif de ce projet consiste à caractériser le fonctionnement des facteurs neurotrophiques et à comprendre si leur dérégulation pourrait expliquer la vulnérabilité des neurones moteurs dans la SLA. À terme, ces travaux contribueront à développer des approches thérapeutiques ciblant ces signaux de survie. 

Mécanismes hypothalamiques d’intervention hypercalorique dans la SLA 

Lingyi Zhang (Université de Strasbourg) 

La sclérose latérale amyotrophique (SLA) s’accompagne souvent d’importantes altérations du métabolisme énergétique ou du sommeil qui surviennent avant l’apparition des symptômes moteurs. De plus, un IMC élevé au moment du diagnostic ou un régime hypercalorique sont associés à un pronostic plus favorable. Or le sommeil comme la régulation énergétique sont deux mécanismes contrôlés par une petite structure nichée au cœur du cerveau : l’hypothalamus. Grâce à plusieurs modèles de SLA, ce projet cherche à caractériser les altérations précoces de l’hypothalamus, et à comprendre de quelle manière il est impacté par un régime hypercalorique. En identifiant les mécanismes bénéfiques de ce régime, ces travaux permettront de proposer de nouvelles stratégies thérapeutiques pour ralentir la progression de la maladie.   

Etude de la dégénérescence des cellules oligodendrocytaires et des effets de la stimulation magnétique trans-spinale répétitive dans un modèle murin SOD1 de la SLA

Clémence Raimond (Université Paris Cité)
 
Dans la sclérose latérale amyotrophique (SLA), les neurones moteurs meurent progressivement. Mais des altérations sont également observées dans d’autres types cellulaires comme les oligodendrocytes, normalement chargés de soutenir les fonctions neuronales. Ce projet consiste à caractériser les altérations oligodendrocytaires afin de comprendre leur contribution à la mort neuronale. En parallèle, les bénéfices de la stimulation magnétique répétitive (SMR) sur la récupération motrice sera étudiée chez des souris ayant subi une lésion de la moelle épinière. En limitant la démyélinisation et l’inflammation neuronale, cette technique non-invasive pourrait contribuer à protéger les neurones moteurs de la dégénérescence, et améliorer la locomotion.