Fin juin 2026, la biotech française Axoltis Pharma a communiqué les résultats préliminaires de l’essai clinique SEALS, actuellement en phase 2, évaluant la molécule NX210c dans la sclérose latérale amyotrophique (SLA).
Au cours des derniers mois, 82 patients SLA ont reçu pendant 4 semaines soit la molécule NX210c, soit un placebo. Le suivi se poursuit, mais les résultats présentés à ce stade portent uniquement sur les données recueillies 6 semaines après le début du traitement ou du placebo. Il s’agit donc de résultats préliminaires.
NX210c, qu’est-ce que c’est ?
Administrée trois fois par semaine par voie intraveineuse, NX210c est une molécule conçue pour agir selon trois mécanismes susceptibles de ralentir la progression de la maladie : renforcer la barrière hématoencéphalique, une interface protectrice qui contrôle les échanges entre le sang et le système nerveux central, protéger les neurones et favoriser leur activité.
Les premières évaluations cliniques de NX210c, réalisées chez des volontaires sains et achevées en 2023, avaient montré une bonne tolérance du traitement avec peu d’effets indésirables. Lancée en 2024, la phase 2 de l’essai SEALS poursuit trois objectifs principaux : confirmer la sécurité du médicament chez des patients atteints de SLA, obtenir une première estimation de son efficacité et déterminer les doses les plus adaptées.
Les résultats préliminaires
Au total, 82 patients atteints de SLA ont été répartis aléatoirement en trois groupes : un groupe placebo (c’est à dire sans injections de NX210c) et deux groupes recevant deux doses différentes de NX210c. Pour évaluer l’impact potentiel du traitement sur l’évolution de la maladie, deux paramètres principaux ont été suivis : le taux de neurofilaments dans le sang et le score ALSFRS.
Présents principalement dans les neurones, les neurofilaments sont libérés dans le sang lorsque les neurones meurent. Dans les maladies neurodégénératives comme la SLA, leur concentration sanguine constitue donc un marqueur indirect de la mort neuronale et permet de suivre l’évolution de la maladie.
À 6 semaines après le début du traitement, aucune différence statistiquement significative du taux de neurofilaments n’a été observée entre les groupes recevant NX210c et le groupe placebo. Une tendance à la diminution est visible dans les groupes traités, mais il est encore trop tôt pour déterminer si cette évolution est liée au traitement ou au hasard. Il est cependant notable que la diminution semble légèrement plus marquée dans le groupe ayant reçu la dose la plus élevée de NX210c, ce qui est compatible avec un possible effet dose-réponse qui devra être confirmé sur un suivi plus long.
Le score ALSFRS-R, évalué à partir d’un questionnaire, permet de suivre l’évolution des capacités fonctionnelles des patients, notamment la respiration, la parole et la motricité. En l’absence de traitement efficace, ce score diminue en moyenne de 1 à 2 points par mois selon la vitesse d’évolution de la maladie.
Dans l’essai SEALS, le groupe placebo non traité a présenté une diminution moyenne de 1,14 point ALSFRS-R par mois. Chez les patients recevant la dose faible de NX210c, la diminution moyenne était de 0,67 point par mois, et de 0,90 point par mois avec la dose élevée. Comme pour les neurofilaments, ces différences suggèrent une tendance favorable, mais elles ne permettent pas encore de conclure à une efficacité clinique du traitement.
Par ailleurs, NX210c reste bien tolérée, avec peu d’effets indésirables rapportés.
Qu’est-ce que ça signifie
Cette première partie de phase 2 confirme la sécurité du médicament, une condition essentielle pour la poursuite de l’essai clinique.
A l’heure actuelle, ces données préliminaires ne démontrent pas encore l’efficacité de NX210c, mais elles font apparaître des signaux encourageants à la fois sur un marqueur biologique de la maladie (les neurofilaments) et sur l’évolution fonctionnelle des patients.
Par ailleurs, ces premières données suggèrent une variabilité de la réponse entre les patients, c’est à dire que le traitement pourrait avoir un impact plus important sur certains patients que sur d’autres. Cette variabilité dilue l’efficacité observée. Un enjeu essentiel sera donc d’identifier et caractériser les sous-groupes de patients ayant le mieux répondu au traitement, afin de définir les meilleures conditions d’utilisation. Cet enjeu de classification des patients dépasse l’essai SEALS, et la recherche d’indicateurs fiables et prédictifs des “sous-types” de la maladie est un axe très actif de la recherche contre la SLA. Il constitue notamment l’un des grands objectifs de l’Institut Charcot, dans le but d’optimiser l’efficacité des essais cliniques et d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pertinentes.
Les prochaines étapes
La phase traitement contre placebo étant terminée pour l’ensemble des patients, les prochaines étapes porteront sur l’analyse complète des données déjà recueillies, tandis que le suivi prévu par le protocole se poursuit. L’objectif sera d’affiner l’évaluation de l’efficacité de NX210c et de déterminer les doses ainsi que les modalités d’administration les plus adaptées.
Le développement de cette molécule a été en partie soutenu par l’ARSLA : vos dons accélèrent la recherche. https://don.arsla.org/
Marguerite Jamet



Des éléments de réponse aux questions les plus fréquentes qui nous sont posées sur : le diagnostic, le traitement, le suivi de la maladie, la vie quotidienne, la prise en charge et les aides, la recherche, …
Le neurone est une des cellules composant le tissu nerveux avec les cellules gliales. Les neurones constituent l’unité fonctionnelle du système nerveux et les cellules gliales assurent le soutien et la nutrition des cellules nerveuses. Le système nerveux comprend environ cent milliards de neurones. Le neurone est une cellule dite polarisée avec des prolongements qui conduisent l’information et qui véhiculent les substances nécessaires au bon fonctionnement de la cellule. Les ‘dendrites’ sont des prolongements centripètes allant de la périphérie vers le corps cellulaire. Les axones sont centrifuges et vont du corps cellulaire vers la périphérie. La jonction entre l’axone d’une cellule et les dendrites d’une autre cellule est appelée synapse.
Le neurone moteur, également appelé « motoneurone », est une cellule nerveuse spécialisée dans la commande des mouvements. Il existe en fait deux grands types de neurones moteurs, le premier est dit central et se situe dans le cerveau, il achemine le message initial du cerveau jusque dans la moelle épinière. Le second, dit périphérique, débute dans la moelle épinière et achemine le message de la moelle épinière jusqu’aux muscles. Dans les atteintes des neurones moteurs, seules les fonctions motrices sont touchées, il n’existe donc pas de troubles sphinctériens, de troubles de la sensibilité, ni de troubles de l’intelligence.
Il n’y a pas de cause précise identifiée à l’heure actuelle. Il existe plusieurs hypothèses pour expliquer la dégénérescence du neurone moteur.
Certaines sont en faveur de facteurs environnementaux, d’autres des facteurs endogènes, c’est-à-dire de mécanismes internes produits par l’organisme Aucune étude n’a pour l’instant mis en évidence de mécanisme précis. Les études qui ont été menées jusqu’à présent étaient axées sur l’un ou l’autre facteur. Ces recherches n’ayant rien donné, des études sont menées pour déterminer s’il existe des facteurs croisés entre les facteurs environnementaux et endogènes.
En fonction du mode de début, on distingue : les formes bulbaires avec l’apparition en premier de troubles de la parole ou de la déglutition et les formes spinales (c’est-à-dire touchant la moelle épinière) avec une apparition initiale sur un des membres. Il existe des SLA dites monoméliques, qui ne touchent qu’un membre, et une variante est la paralysie bulbaire pure qui ne touche que la déglutition et la parole.