C’est une avancée scientifique attendue de longue date. L’étude MIROCALS, pilotée par un consortium européen et en partie financée par l’ARSLA, vient d’être publiée dans la prestigieuse revue médicale The Lancet. Elle explore une nouvelle stratégie thérapeutique contre la sclérose latérale amyotrophique (SLA), en s’attaquant non pas aux neurones eux-mêmes, mais à un acteur longtemps resté en arrière-plan : l’inflammation du système nerveux central.
Dans la SLA, la perte des neurones moteurs est bien connue. Mais la recherche a permis de mieux comprendre un autre phénomène qui joue un rôle central dans la maladie : l’inflammation du système nerveux central, aussi appelée neuro-inflammation.
Cette inflammation n’est pas simplement une conséquence de la maladie. Les études montrent qu’elle contribue directement à l’aggravation des symptômes, en perturbant le fonctionnement des cellules nerveuses. Elle est liée à un déséquilibre du système immunitaire, et notamment à une baisse d’un type particulier de cellules appelées cellules T régulatrices (ou Treg), dont le rôle est de limiter les réponses inflammatoires excessives.
C’est ce constat qui a conduit les chercheurs à tester un traitement par interleukine-2 à faible dose (IL-2-FD). Cette molécule, déjà connue en immunologie, a la capacité de stimuler spécifiquement les Treg. L’idée était donc de restaurer un certain équilibre immunitaire pour réduire l’inflammation et, potentiellement, ralentir la progression de la maladie.
Chez les patients atteints de SLA, plusieurs études ont montré une diminution significative du nombre de Treg. Ces cellules sont pourtant essentielles pour contenir les excès du système immunitaire. Moins elles sont présentes, plus la progression de la maladie semble rapide.
L’idée du consortium MIROCALS était donc simple : en administrant un traitement par IL-2-FD, on pourrait relancer la production de Treg et, par effet domino, réduire l’inflammation du système nerveux. Cette stratégie a été testée dans le cadre d’un essai clinique multicentrique de phase 2b, mené en France et au Royaume-Uni, avec le soutien financier de l’ARSLA.
Les résultats biologiques sont à la hauteur des attentes. L’administration de l’IL-2-FD a permis d’augmenter la population de Treg dans le sang des patients. Un marqueur sanguin de la neuro-inflammation a par ailleurs chuté, preuve que le traitement agit bien sur la cible visée. Le tout, sans qu’aucun effet indésirable majeur n’ait été rapporté, confirmant la bonne tolérance du traitement.
Lorsque l’on compare l’ensemble des patients traités par interleukine-2 à faible dose à ceux du groupe placebo, tous recevant par ailleurs le riluzole comme traitement de référence, aucun bénéfice significatif en termes de survie globale n’a été observé.
Toutefois, les chercheurs ont mis en évidence, grâce à un marqueur biologique clé; le taux de neurofilaments dans le liquide céphalorachidien, que chez les patients dont le profil est associé à une évolution lente de la maladie, les résultats sont sans équivoque : le risque de décès est réduit de 48 % après 21 mois de traitement, comparé au groupe placebo. Le déclin fonctionnel, mesuré par l’échelle ALSFRS-R, est lui aussi ralenti. Une différence nette, et un signal d’espoir fort pour une partie bien identifiée des personnes concernées.
Pour rappel, les neurofilaments dans le liquide céphalorachidien sont des protéines libérées lorsque les neurones dégénèrent. Leur taux est aujourd’hui considéré comme un indicateur fiable de la vitesse d’évolution de la maladie.
Si cette avancée scientifique voit aujourd’hui le jour, c’est en partie grâce à l’engagement de l’ARSLA, qui a soutenu dès ses débuts l’étude MIROCALS, aux côtés d’un consortium international. En participant au financement de ce projet de phase 2b, l’association a fait le pari de la recherche translationnelle – une recherche appliquée, tournée vers des effets cliniques concrets. Un choix exigeant, dans un contexte où les grandes entreprises pharmaceutiques s’engagent encore trop peu sur les maladies rares comme la SLA. Ce sont pourtant ces financements ciblés, portés par la société civile, qui permettent souvent de faire émerger des innovations thérapeutiques majeures.
Ce soutien initial a permis à l’étude de produire des résultats suffisamment solides pour susciter un intérêt industriel structuré. En 2023, le consortium de chercheurs a accordé la licence d’exploitation et de commercialisation de l’interleukine-2 à faible dose (IL-2-FD) à ILTOO Pharma, une spin-off du Département d’Immunologie de la Pitié-Salpêtrière, fondée en 2013 par le Professeur David KLATZMANN.
Aujourd’hui, l’entreprise se prépare à lancer une étude clinique confirmatoire de phase 3, indispensable pour valider les résultats de MIROCALS et envisager une mise sur le marché. En parallèle, des discussions sont en cours pour envisager éventuellement un accès dérogatoire, selon des critères stricts à définir, en même temps que le démarrage de la phase 3, selon José ACHACHE, président d’ILTOO Pharma.
Une opportunité de confirmer les effets bénéfiques observés, et d’offrir un nouvel espoir thérapeutique aux personnes concernées.
Soutenir la recherche clinique indépendante, et accompagner les entreprises françaises capables de transformer un signal d’espoir en solution concrète : telle est la ligne que l’ARSLA défend. Le projet MIROCALS en est l’illustration. Grâce à un soutien précoce, à une vision stratégique et à une volonté constante de faire émerger des traitements adaptés à la réalité des personnes concernées, l’association contribue à faire progresser la recherche là où les grands acteurs industriels tardent encore à s’engager.
Parce qu’un traitement ne naît jamais seul, mais toujours d’un écosystème courageux, l’ARSLA continuera de jouer ce rôle d’aiguillon, de passeur et de partenaire. C’est à ce prix que nous ferons advenir les thérapies de demain : pour toutes les formes de SLA, et pour toutes les personnes concernées.
Des éléments de réponse aux questions les plus fréquentes qui nous sont posées sur : le diagnostic, le traitement, le suivi de la maladie, la vie quotidienne, la prise en charge et les aides, la recherche, …
Le neurone est une des cellules composant le tissu nerveux avec les cellules gliales. Les neurones constituent l’unité fonctionnelle du système nerveux et les cellules gliales assurent le soutien et la nutrition des cellules nerveuses. Le système nerveux comprend environ cent milliards de neurones. Le neurone est une cellule dite polarisée avec des prolongements qui conduisent l’information et qui véhiculent les substances nécessaires au bon fonctionnement de la cellule. Les ‘dendrites’ sont des prolongements centripètes allant de la périphérie vers le corps cellulaire. Les axones sont centrifuges et vont du corps cellulaire vers la périphérie. La jonction entre l’axone d’une cellule et les dendrites d’une autre cellule est appelée synapse.
Le neurone moteur, également appelé « motoneurone », est une cellule nerveuse spécialisée dans la commande des mouvements. Il existe en fait deux grands types de neurones moteurs, le premier est dit central et se situe dans le cerveau, il achemine le message initial du cerveau jusque dans la moelle épinière. Le second, dit périphérique, débute dans la moelle épinière et achemine le message de la moelle épinière jusqu’aux muscles. Dans les atteintes des neurones moteurs, seules les fonctions motrices sont touchées, il n’existe donc pas de troubles sphinctériens, de troubles de la sensibilité, ni de troubles de l’intelligence.
Il n’y a pas de cause précise identifiée à l’heure actuelle. Il existe plusieurs hypothèses pour expliquer la dégénérescence du neurone moteur.
Certaines sont en faveur de facteurs environnementaux, d’autres des facteurs endogènes, c’est-à-dire de mécanismes internes produits par l’organisme Aucune étude n’a pour l’instant mis en évidence de mécanisme précis. Les études qui ont été menées jusqu’à présent étaient axées sur l’un ou l’autre facteur. Ces recherches n’ayant rien donné, des études sont menées pour déterminer s’il existe des facteurs croisés entre les facteurs environnementaux et endogènes.
En fonction du mode de début, on distingue : les formes bulbaires avec l’apparition en premier de troubles de la parole ou de la déglutition et les formes spinales (c’est-à-dire touchant la moelle épinière) avec une apparition initiale sur un des membres. Il existe des SLA dites monoméliques, qui ne touchent qu’un membre, et une variante est la paralysie bulbaire pure qui ne touche que la déglutition et la parole.